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LE SYSTÈME AMBULANCIER AU QUÉBEC

Historique de l'ambulance

Toutes les époques furent confrontées au problème que constitue le transport d'un blessé ou d'un malade particulièrement sur les champs de batailles des conflits qui jalonnent notre histoire.

En 1590, sous le règne d'Henri IV, l'armée royale affecte du personnel au relevage et au transport des blessés. Caissons d'artillerie, mulets, chariots, bras... , pas de matériel spécifique mais une simple reconversion momentanée des moyens de transport de marchandises.

Il faut attendre la fin de la Révolution pour lire une ordonnance du ministère de la Guerre, en date du 12 novembre 1792, déclarant:

« Le Ministre de la guerre prévient ses concitoyens qu'en exécution du décret de la Convention Nationale du 12 de ce mois, qui ordonne l'établissement aux armées, de voitures couvertes et suspendues pour le transport des malades et des blessés, les charrons et autres artistes sont invités à proposer, d'ici au 30 de ce mois inclusivement, des modèles de voitures qui réunissent la commodité des malades à la solidité de la construction.Tous les modèles seront examinés par le Conseil de santé des hôpitaux militaires, assisté de plusieurs artistes et l'auteur du modèle qui sera préféré obtiendra une récompense de la somme de 2000 livres. »  Signé: Pache.

Vingt-huit modèles furent étudiés mais, après trois mois de délibérations, aucun ne fut retenu.

Deux ans plus tard, en 1794, le Docteur Dominique Larrey, chirurgien militaire et aide-major dans l'armée du Rhin, de retour à Paris, propose dans le cadre d'une réorganisation du service de santé, la création d'ambulances volantes pouvant suivre les soldats jusque sur les champs de bataille et prendre immédiatement en charge les blessés. Toutes les armées d'Europe suivirent cet exemple et " l'ambulance de Larrey " évolua très peu au cours du siècle suivant.

En 1880, le Docteur Nachtel crée à Paris un service d'ambulances médicalisées destinées au transport des blessés sur la voie publique. Un "Interne Ambulancier" accompagne chacune d'elles. C'est la création de l'Oeuvre des Ambulances Urbaines. En 1882, la ville de Paris met en place trois ambulances confiées à des "infirmières ambulancières" et destinées aux transports de malades contagieux (épidémie de variole) vers l'Hôtel-Dieu. Ce sera le Service des Ambulances Municipales. En 1941, après de nombreuses réorganisations, c'est sous l'autorité de l'Assistance Publique que désormais fonctionne le Service des Ambulances des Hôpitaux de Paris.

Au début du vingtième siècle, un nouveau moyen de transport allait progressivement supplanter les voitures à chevaux : l'automobile.

Cependant, il faudra attendre le 10 juillet 1970 pour qu'une loi structure cette profession avec, en 1973, la mise en place de l'Agrément des entreprises de transports sanitaires et du Certificat de Capacité d'Ambulancier (C.C.A.), qui constituait alors la première formation officielle dans le domaine au Québec.

 

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Historique des services ambulanciers au Québec

C'est vers la fin années quarante qu'à débuté le transport ambulancier par voitures motorisées modifiées; elles servaient alors autant pour les funérailles que pour les urgences. Une fois les funérailles terminées, il fallait faire vite afin de replacer civière, oxygène, bassin, serviettes, eau, et tout le reste de l'équipement d'alors, ainsi que la lumière clignotante et la sirène.

Le personnel qualifié, pour le temps, arrêtait une hémorragie par un garrot, levait les jambes sur la civière pour une femme prête à accoucher. La consigne : se rendre le plus vite possible à l'hôpital. À l'époque, il en coûtait en moyenne cinq dollars par transport (soit, pour chaque sortie), et la plupart du temps, ce montant se retrouvait dans les comptes perdus : c'était en réalité du grand bénévolat.

Au milieu des années soixante, apparaissent des véhicules strictement ambulanciers, avec un équipement beaucoup plus sophistiqué : appareil à succion, humidificateur pour l'oxygène, tige à soluté, appareil à tension artérielle, etc. Les prix d'un transport n'ont alors guère changé, se chiffrant autour de 15 à 20 dollars.

En 1972, adoption de la Loi 27 sur la protection de la Santé publique : la première législation à traiter des services ambulanciers.

En 1976, des modifications importantes sont apportées au système ambulancier québécois, en vertu de la Loi de la protection de la santé publique. Des changements radicaux touchent les normes d'équipement, d'opération et de fonctionnement des services d'ambulance, les lieux où ces opérations doivent être conduites et la qualité du personnel employé. À cette époque, le ministère des Affaires sociales détient le pouvoir d'émettre, sur demande, les permis d'exploitation des services d'ambulance.

En 1978, les cours de formation de 150 heures deviennent obligatoires pour tous les préposés. La formation est de 50 heures pour les conducteurs. C'est à cette période que le Ministère procéde à la division du territoire en zones.

Au début des années quatre-vingts, le CRSSS prend partie dans les dossiers. Désormais, il décide de retenir les services de firmes ambulancières et voit à la signature des contrats.

Au printemps 1988, le gouvernement dépos e le projet de loi 34 spécifique au transport ambulancier. Adoptée en décembre de la même année, cette loi prévoit la création d'Urgences-santé, corporation gouvernementale regroupant les transports de Montréal et de Laval, et propose également diverses modifications législatives pour tenir compte des changements apportés en matière de transport ambulancier.

Suite à l'adoption de cette loi, d'importantes sommes d'argent sont investies dans les services ambulanciers notamment en créant, dans toutes les régions du Québec, même en région rurale, des emplois de techniciens ambulanciers à plein temps. Ce modèle est unique en Amérique du Nord.

Actuellement, on retrouve une centaine d'entreprises ambulancières au Québec,. Une vaste majorité de ces entreprises sont membres de la Corporation des services d'ambulance du Québec.   Ces derniers emploient environ 3500 techniciens ambulanciers (paramédics)

 

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Historique de la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ)

À l'époque, la plupart des services d'ambulance appartenaient aux entreprises funéraires mais, avec la venue de la loi de la protection de la santé publique , les ambulanciers sont devenus des professionnels. C'est ainsi que la majorité des entreprises funéraires se retirèrent du service ambulancier.

Suite à une commission d'étude commandée par les thanatologues et les ambulanciers sur le service d'ambulance, on recommande de former une corporation autonome : en 1972, le Québec voit donc la naissance de la Corporation des services d'ambulance du Québec, la CSAQ.

C'est le 27 septembre 1972 que la Corporation des services d'ambulance du Québec - organisation à but non lucratif -   débute ses activités. Ses premiers membres se donnent alors un code d'éthique, une politique de prix uniforme et un thème commun  : « S'unir pour mieux réussir ». Au service de la profession depuis maintenant près de 35 ans, la Corporation des services d'ambulance du Québec représente 80% des entreprises qui effectuent au total plus de 85% de tous les transports ambulanciers réalisés au Québec, à l'exception du territoire d'Urgences-santé (Montréal et Laval).

À la fin des années quatre-vingts, les membres de la CSAQ décidèrent de rapprocher leur siège social, sis depuis 1976 à Roberval, du pouvoir politique. Donc, en 1988, la CSAQ s'établit à Québec. Durant cette période, une vague de syndicalisation du milieu ambulancier et une négociation de l'entente de service entre les entreprises et le ministère de la Santé orientaient les services offerts par la CSAQ à ses membres.

Soucieuse d'améliorer les services à la population, les membres de la CSAQ adoptèrent en 1992 un Code de déontologie, et cemême si la CSAQ n'est pas une corporation régie par le Code des professions,   imposant à ses membres des devoirs d'ordres général et particulier envers le public.

En 1997, la CSAQ mit sur pied une mutuelle de prévention en santé et sécurité au travail pour être en mesure de répondre aux besoins de ses membres et de leurs employés en matière de santé et sécurité au travail.

En 2001, les règlements et la mission de la CSAQ furent revus en profondeur de façon à adapter la structure de la CSAQ aux changements du milieu.

La CSAQ a été impliquée dans plusieurs dossiers touchant les services ambulanciers depuis 1972 (commissions parlementaires, comités de travail, etc.) en produisant des mémoires et en effectuant de nombreuses représentations dans l'intérêt du public et de ses membres.

Seule organisation présente dans toutes les régions du Québec et ayant un secrétariat permanent de 7 professionnels, la CSAQ continue à s'impliquer auprès de tous les intervenants du milieu pour accroître les services à la population et aux membres.

 

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La Croix de Vie

C'est au début des années soixante-dix que la croix bleue à six branches est instaurée comme signe distinctif pour les entreprises agréées. Aussi nommée Croix de Vie ou encore parfois traduite de l'anglais par l'Étoile de Vie, ce symbole a pour origine un vieux caractère nordique appelé la rune Hagal. Considérée comme la rune de la sagesse, elle était la superposition de deux autres runes symbolisant la vie et la mort. Cette opposition entre la vie et la mort résume bien le quotidien des ambulanciers et ambulancières auprès des malades et la sagesse nécessaire pour faire face à leurs responsabilités.

Créée par Leo R. Schawartz, chef des services médicaux d'urgence de la sécurité autoroutière du département national de transport américain (NHTSA), la Croix de Vie a été dessinée suite à une plainte déposée en 1973 par la Croix-Rouge, à l'effet que la croix d'Omaha orangée utilisée alors sur un fond réfléchissant carré imitait clairement le symbole de la Croix-Rouge. La NHTSA fit enquête et déclara la plainte justifiée.

Le nouveau design, une croix à six branches, a été adapté de l'identification médicale symbolique de l'Association Médicale Américaine et a été enregistrée officiellement le premier février 1977, avec un droit d'auteur en vigueur pour vingt ans.

Chacune des branches de la Croix de Vie bleue représente les six fonctions des services médicaux d'urgence : le repérage, l'alerte, l'intervention, le secours sur place, les soins en cours de transport et le transfert au service hospitalier. Le ® indique que le symbole est protégé par un certificat d'enregistrement.

Le serpent et le bâton au centre du symbole représentent le bâton d'Esculape qui, selon la mythologie grecque, était le fils d'Apollon (dieu de la lumière, de la vérité et de la prophétie). Esculape aurait appris l'art de la guérison auprès du centaure Chiron mais Zeus, craignant qu'en raison du savoir d'Esculape la race humaine ne puisse devenir immortelle, le foudroya. Plus tard, Esculape fut vénéré comme un dieu et le peuple dormait dans ses temples, la rumeur voulant qu'il pût prescrire des remèdes curatifs aux malades dans leurs rêves. Selon la légende, Zeus aurait, par la suite, redonné vie à Esculape, faisant de lui un véritable dieu.

Le bâton portant un seul serpent est le symbole de la Médecine et de la Santé et le bâton ailé est le symbole de la paix. Le Bâton au serpent unique symbolise la rencontre d'Esculape avec un malade qu'il n'arrivait pas à guérir. Esculape prit conseil auprès d'un serpent et le malade fut guéri. Le serpent s'était enroulé autour du bâton du dieu afin de se retrouver à sa hauteur pendant qu'ils parlaient. Le bâton ailé fut créé lorsque Mercure, voyant deux serpents se battre et incapable de les séparer, plaça son bâton entre eux, ce qui eut pour effet de les faire s'enrouler autour de son bâton ailé.

La Bible, dans le Livre des Nombres 21:9, fait référence à un serpent sur un bâton : « Moïse fabriqua un serpent d'airain et l'installa sur une perche. Ainsi, lorsque quelqu'un se faisait mordre par un serpent, le simple fait de regarder le serpent d'airain le guérissait. »

Sources :     Traduction autorisée d'un texte de monsieur John Hultgren, FP-C, Network Administrator / Flight Paramedic, The Kentucky EMS Connection site (http://www.hultgren.org/) et de monsieur Eric Vivien, du site de l'Union nationale des ambulanciers hospitaliers (http://www.unahfrance.org/recmd1.htm).

 


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